samedi 2 juillet 2011

L'ancienne usine Meccano, rue Rébeval

La façade du 78-80 rue Rébeval ( juin 2011) 

78-80 rue Rébeval
Métro Pyrénées

Au 78-80, rue Rébeval, dans le 19ème arrondissement, se dresse un drôle de bâtiment. On y trouve des murs de brique et de pierre de taille comme dans nombre d'immeubles industriels. Pourtant cette façade, avec ses courbes, ses obliques, ses avancées qui ressemblent à des tourelles crénelées, ne correspond pas à celle d'une usine.

Et de fait, cette curieuse façade était celle des bâtiments administratifs de Meccano France. Les ateliers se trouvaient juste derrière. C'est là que furent fabriqués, pendant une dizaine d'années, les fameux jeux de construction.

"Tous les jouets "Meccano" vendus en France sont exclusivement fabriqués à Paris dans les usines Meccano, par des ouvriers français, avec des matières premières d'origine française", indique un avis de la direction publié dans Le Petit Parisien en décembre 1930.



Cette déclaration farouchement bleu-blanc-rouge, bien dans le ton de l'époque, est d'autant plus frappante que Meccano n'est pas une entreprise française. L'affaire est née à l'initiative d'un Britannique, Frank Hornby. A Liverpool, en 1898, il conçoit des jouets pour ses propres enfants à base de vis et d'écrous. En 1901, il brevète son invention sous le nom de "Mechanics Made Easy" (la mécanique rendue facile), et lance la fabrication. La marque Meccano elle-même apparaît en 1908.

Le succès est assez vite au rendez-vous, et une filiale française est créée dès 1912. Il ne s'agit encore que de distribuer des boîtes de jouets importées. Mais pour répondre à la demande, les usines commencent à croître et à se multiplier: une à Berlin en 1912, une autre à Paris en 1921-1922. Conçue par l'architecte d'origine belge Arthur Vye-Parminter, elle sort de terre au 78, rue Rébeval, dans le quartier de Belleville. Un étage est ajouté après 1925.


Les ateliers fonctionnent bien même si, un matin d'avril 1930,  l'explosion de quelques bonbonnes d'acide nitrique provoque un incendie et des dégâts matériels. Mais, au bout de dix ans à peine, les cinq étages, la cour, la nef centrale se révèlent déjà trop petits. En 1930, les dirigeants de Meccano décident d'installer en France une plus grande usine. Elle est construite en banlieue, à Bobigny, et opérationnelle à partir de 1934. Rue Rébeval ne restent alors que l'administration et l'expédition.
En 1951, Meccano abandonne finalement la rue Rébeval, et regroupe tous ses services à Bobigny, avenue Henri Barbusse. L'immeuble de Belleville est vendu.

Les étonnantes courbes de la façade (juin 2011)
Le Secours mutuel agricole s'y installe au milieu des années 1950. Le centre d'études supérieures de la Sécurité sociale y a également son siège à titre transitoire dans les années 1960.

Puis, à partir de 1985, les lieux, assez inchangés depuis l'époque Meccano, sont récupérés par l'Ecole d'architecture de Paris-Belleville, qui y demeure jusqu'à l'été 2009. 
Après des travaux, l'immeuble, qui dispose désormais de salles de conférence, d'un auditorium, etc.,  accueille depuis novembre 2012 l'Ecole des ingénieurs de la ville de Paris.


3 commentaires:

  1. C'est le seul immeuble qui reste de l'aventure Meccano.

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  2. Merci, je vais me servir de votre blog pour une visite de Paris au mois d'aôut la semaine prochaine.
    Je vous cite sur http://lefenetrou.blogspot.com

    En échange

    http://lefenetrou.blogspot.fr/search/label/Histoire%20des%20sciences

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